"Les sept écologies. Comment penser l’avenir de la planète sans tomber dans la décroissance" animé par Luc Ferry et Erik Orsenna.

 Quel plaisir, a priori, d’aller écouter deux intellectuels parler d’écologie dans un cadre aussi magnifique que la Grange au Lac.





Quelle déception à l’arrivée, d’avoir écouté, sans avoir pu débattre (la place pour 3 questions, ensuite, l’heure du repas avait sonné… alors que des mains étaient levées dans la salle)  Luc Ferry, qui au milieu de propos certes intéressants, glose :
- sur les écologistes, en les catégorisant, pour les caricaturer et les dénigrer (écologie punitive, moralisatrice et rétrograde);
- sur les gilets jaunes : tout le monde, sauf apparemment M. Ferry, a compris que les revendications des gilets jaunes étaient légitimes, qu’il y a un vrai malaise, un mal-être dans notre société, un problème de pouvoir d’achat, de partage des richesses, de souffrance individuelle, de non reconnaissance, d’écoute ; Luc Ferry ne se sert de cette souffrance que pour la décrier et pour dire que toutes formes de ralentissement de la consommation est impossible. « Qu'ils mangent de la brioche ! » aurait dit Luc Ferry à une autre époque ;
- sur la culture cellulaire pour produire de la viande : pour le moment le meilleur moyen de faire de la viande est encore la nature ; un article très intéressant sur ce sujet dans la très bonne revue #Theconversation : https://theconversation.com/la-viande-cultivee-en-laboratoire-pose-plus-de-problemes-quelle-nen-resout-126662. A ce propos, il faudrait revoir très vite « Soleil vert » ;-), n’est ce pas #JPB ?
- enfin il défend bien sur l’entreprise, sur laquelle il base tout son éco-modernisme, qui concilie croissance et préoccupations environnementales… afin de tenter de réconcilier économie de marché et écologie. C’est-à-dire en définitive produire, produire, créer et recycler à l'infini. Au regard des multiples exemples que l’on connait tous, je reste plus que dubitatif sur la capacité du marché à ne pas continuer à aller chercher des profits à courts termes sans se préoccuper de l’avenir. Encore actuellement, les investissements pharamineux dans le pétrole et autres produits carbonés, les chargeurs pour tablettes et téléphones incompatibles de certaines marques pourtant réputées pour leurs avancées technologiques et leur design, ne me poussent pas à croire que l’"entreprise" va devenir demain vertueuse sans régulation de la part des Etats, de la société. Les ressources ne sont pas infinies et le recyclage a forcément aussi ses limites.
Bref, des interventions qui m’ont plus fait penser à des discussions de tous les jours à la machine à café qu’à des propos d’intellectuels…

Heureusement et merci à lui, Erik Orsenna a apporté son savoir, immense, sa modestie, et son humour.

En tout cas, le livre (qui coute 20 € contre l’entrée à ce débat à 30 €…) est, je l’espère, moins caricatural que les propos tenus ce matin.


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